Faut-il un diplôme qui légitimise mon discours?  La méthodologie est-elle toujours la bonne?

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Cette société où la légitimité se mesure aux nombres de diplôme et de formation que vous avez eu. Et pourtant, les success-story debordent! Ceux qui ont commencé leur étude et n’ont pas terminé, et que dire de ceux qui n’ont même pas commencé? Mais ces gens là ne font pas partie de l’hôpital...

Je crois qu’on trouvera toujours (des excuses/) des raisons aux succès ou aux échecs des uns et des autres. Mais in fine, peu importe? Est-ce que cela change la détermination que vous devez avoir à vouloir faire améliorer les choses ?

Détermination n.f: la foi en un projet qui doit s'exécuter dans un avenir plus ou moins proche, c’est donner le maximum de nous même en se fixant des objectifs (parfois inatteignable) avec une ténacité.

Woman looking towards light triangle.
Model: Seelenkind
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Toute cette introduction pour se poser les bonnes questions lorsque l’on aborde la prise en charge des enfants tout au long du parcours de soin.

L’amélioration des pratiques

Lorsque nous voulons améliorer nos pratiques et induire une conduite du changement (expression très en vogue dans les cabinets de conseils), nous demandons à un cabinet extérieur dont le métier est (accrochez-vous bien)... d’écouter et d’analyser.  A ce stade,  j’ai tendance à dire que notre manque d’écoute nous coûte très chère. Interrogez une femme de ménage, un brancardier et une infirmière vous pouvez en quelques questions cerner les problématiques d’un service (oh, c’est osé! Puis eux ne nous fournissent pas de powerpoint… - demandez-leur, vous seriez surpris ;)).

Mais, comprenez que la voix d’expert externe (dont je salue leurs compétences, leurs diplomaties, leurs expertises pour faire passer des idées ou clarifier certains process) pose la question de la valeur que nous donnons à chaque individu. Cette question est au centre de l’amélioration des pratiques et en générale de l'amélioration de l'hôpital.  Pour faire une analogie, l’hôpital fonctionne à l’image d’un corp en détresse vitale qui  n'enverrait de l’oxygène  qu’aux organes nobles. Ainsi chaque petit organe perd peu  à peu sa vitalité ne faisant plus partie de fonction dite essentielle.

Je crois profondément aux potentiels de chaque individus exprimé. Mais ce qui signifie alors "être à l’écoute" (à l’écoute non pas de ce que je pense que l’autre dit, mais de ce qu’il dit vraiment), appelé également "écoute active". L’effort que cela demande est colossale quand on a l’habitude d’apporter des solutions. (aie! Je comprend pourquoi l’introduction était longue maintenant, parce que maintenant on rentre dans le vif qui fait mal... celui qui remet en question).

Mesdames, et messieurs, je suis ravie de vous dire que chacun d’entre vous a à faire un travail sur ce domaine (moi en premier lieu).

Rentrer dans les cases

Mais comment en est-on arrivé là? Passons sur l’évolution de la médecine et de la chirurgie, de la place du médecin dans la société, et l’ensemble des faits sociologique, culturel et historique. Pour être efficace et optimiser la prise en charge, nous avons appris à rentrer dans des cases.  Prenons le cas de la consultation (à ce moment là , petit suspense, va-t-on évoquer le camp de la chirurgie ou le camp de l’anesthésiste, idéale pour se dédouaner dernière la fameuse excuse “pas moi, mais les autres oui!”, désolé… pas aujourd'hui!), bien souvent, on vous demande de remplir le dossier en cochant des cases (on parle de l’informatique ici?? Ah non, toujours pas!), posant les mêmes questions en essayant d'être exhaustif et d’avoir posé correctement le diagnostic ou la meilleure approche thérapeutique.

Permettez-moi de faire une clarification à ce stade qui permet d’améliorer les pratiques: l'informatique ( je ne pouvais pas m’en empêcher): l’informatique n’a pas pour objectif de vous remplacer, il n’a pas pour objectif de décider à votre place, parce qu’il n’a pas l’intelligence (ah enfin un compliment!), l’intelligence émotionnelle (je me disais aussi…). Imaginez le temps que vous pourriez passer à écouter activement votre patient. Nous passons certainement à côté d’informations parce qu’elle ne rentre pas dans les cases…

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Commencerez alors à se dessiner l’ébauche d’un être humain et non d’un organe dans un corps à opérer (ah mon Dieu! Je vais devoir parler à des gens qui parle trop et me raconte leur vie… et tout ça en 20 min en ayant posé un diagnostique… ou alors je délègue?)

Et la boucle est bouclée: voici mesdames et messieurs la logique de la RAAC: le patient au centre de la prise en charge…

L'équipe de KOALOU: MED et IH