Impulsivité, caprices, colères et mauvaise humeur, et si c’était du stress ?

Tout parent a pu observer que dès la prime enfance, un enfant décharge le stress de sa journée par des comportements émotionnels et affectifs particuliers. On les appelle pleurs de décharge lorsqu’ils sont bébés, caprices ou colères quand ils grandissent ou impulsivité quand ils approchent l’adolescence. Toutes ces réactions sont finalement des réactions au stress générées par l’accumulation quotidienne et l’apprentissage de la tolérance à la frustration. Elles sont incontrôlées et incontrôlables directement. Elles nécessitent un travail d’apprentissage de régulation et de l’étayage affectif.

Pourtant, tout parent confronté à ces manifestations violentes, que les générations antérieures attribuaient aux vices du caractère, est vite démuni. En effet, la violence et la charge désagréable pour l'entourage de ces réactions ont tendance à induire ce jugement sur le caractère sans percevoir la charge ou plutôt la décharge du stress.

Une vieille idée perdure qui nous fait croire que l’apprentissage de la tolérance à la frustration et au stress est inné et rapide. Nous sommes pourtant tous témoins tous les jours dans notre vie d’adultes, des difficultés des adultes à tolérer la frustration pour : les non, les interdits, les gestions de budgets, d’alimentation ou de relations mêmes. Et tout se passe comme si la société pensait que les enfants devaient gérer cela dès 3 ans à la perfection.

Bien sûr, considérer l’impulsivité, les caprices et la mauvaise humeur d’un enfant comme résultant de son stress ne signifie pas qu’il faille “laisser faire”.

Laisser faire, sans rien faire, ce serait laisser son enfant exploser et donc imploser. Cela n’a rien d’aidant. Par contre, lorsque la crise est là, peu de stratégies sont efficaces pour contenir ces décharges de stress. Le stress se prévient plus facilement qu’il ne se contient. Précisément, il est plus facile de travailler quotidiennement à maintenir une charge de stress faible, à vider régulièrement sa réserve de stress, que d’apaiser l’intensité du stress quand il est là. Quand il est là, qu'il éclate, on sait rarement quelle stratégie adopter et quoi faire concrètement.

Quelques stratégies peuvent aider votre enfant et vous aider vous aussi d’ailleurs.

Tout d’abord, prévenir le stress, adopter un mode de vie anti-stress au quotidien : bien dormir, bien manger, bouger et s’aérer. Proposez aussi à votre enfant un répertoire riche et varié d’outils de lutte contre le stress. C’est par exemple lui offrir les outils du programme Koalou au pays du Zencool. Ce sont des outils pour prévenir les crises mais aussi pour les apaiser.

C’est également vous préserver vous du stress pour garder une certaine disponibilité psychique, ainsi qu’éduquer votre enfant par l’exemple, à un mode de vie apaisant.

Ensuite, étayez votre enfant comme on solidifie les fondations d’une habitation pour la rendre résistante face aux aléas de la vie. L’étayer passe par la connaissance et l’application de stratégies affectives et éducatives adaptées et sécurisantes. L’étayer c’est notamment lui donner confiance en lui, avec une connaissance des limites, mais aussi une certitude d’être aimé. Pour cela, il faut trouver ce juste milieu où bienveillance comme limites claires se côtoient, mais aussi tolérer qu’un minimum d’agitation s’exprime. Cette agitation est naturelle et salutaire, et n’a rien à voir avec du mauvais caractère.

Gardez en tous les cas toujours en tête que le stress peut se manifester par des crises d'agitation et de colère, marques d'une décompensation. C'est parfois la seule voix à laquelle l'enfant a accès pour exprimer cette charge de stress et tenter de la diminuer, même si elle apparaît paradoxale, désarmante et usante.

Sources:

  • George, G. 2002. Ces enfants malades du stress. Ed Anne Carrière.
  • Goldman, C. 2020. File dans ta chambre, offrez des limites éducatives à vos enfants. Interéditions.
  • Filliozat, I. 2019. Au cœur des émotions de l’enfant. Poche Marabout