« L’anxiété préopératoire participe à la réponse au stress chirurgical »

Comprendre le mécanisme initial du stress qui conduit au stress chirurgical.

“La réponse humaine au stress chirurgical est caractérisée par une série de changements hormonaux, immunologiques et métaboliques qui, ensemble, constituent la réponse globale au stress chirurgical. Cette réponse périopératoire est considérée comme un mécanisme homéostatique d'adaptation à la lésion périopératoire.”*

Cette réponse au stress chirurgicale  est un mécanisme d’adaptation de l’organisme à l’agression et est nécessaire pour le retour à l’homéostasie a posteriori. Ce stress est perçu par le cortex qui envoie un message à l’amygdale et active alors l’hypothalamus. L’hypothalamus est chargé d’organiser la réponse au stress.

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Trois systèmes cérébraux sont activés par le système de stress et influence ces activités :

  1. Le système mésocortical et mésolimbic (dopamine) : Il s’agit de la région du cerveau stimulée. Le cortex est impliqué dans le phénomène d’anticipation et fonction cognitive.
  2. Amygdale et hippocampe : L’amygdale active la sécrétion de Noradrénaline, récupère et analyse les émotions, l’information pertinente du « stresseur ». L’hippocampe, quant à lui, jouerait un rôle majeur dans inhibition du système PNV/CRH.
  3. « Proopiomélanocortin » : Il permet de réguler d’autre zone du cerveau et induire un lien avec les récepteurs opioïdes, l’analgésie et peut être l’émotion.

Dans ces mécanismes, il existe deux hormones intervenant dans le contrôle de la réponse au stress: la CRH (Corticotropine Releasing Hormone) et la Norépinephrine (noradrénaline).

Bien que Chrousos sépare les deux types d’adaptation au stress, l’adaptation comportementale et l’adaptation physique, elles sont intimement liées l’une à l’autre. Il est donc difficile de déterminer la réaction primaire.



L’intérêt de comprendre le stress chirurgical

Une fois que l’on a compris comment fonctionne les mécanismes physiologiques du stress chirurgical, la seule question à se poser est comment le réduit-on pour en limiter les complications ?

Si nous avons fait des progrès considérables sur la douleur durant les  trente dernières années,  c’est que nous avons été témoins de l’efficacité de la prise en charge de la douleur sur la guérison mais également sur les interventions futures. Le simple fait de savoir qu’il existe des médicaments pour soulager notre douleur à tout instant est salvateur (psychologiquement).

Il n’en reste pas moins que d’un point de vue prise en charge de l’anxiété (qui est loin de se limiter au stress émis le jour J), il reste encore des progrès à faire. Nous touchons là à l’essence même de l’individu. Il n’est plus un organe à soigner mais un patient présentant des forces et des faiblesses dans un environnement complexe.

Prendre en compte les émotions du patient pourrait être vu comme une perte de temps. C’est pourtant cruciale dans la diminution du stress chirurgical. En ce sens, nous avons vu émerger de nouvelles techniques et de nouveaux outils de distractions pour diminuer l’anxiété.


L’intérêt de prendre en charge un patient du début à la fin

Nous n’aurions pas pu terminer cette article sans parler de la nécessité de prendre en charge un patient du début à la fin. Triviale me direz-vous ! Mais je ne parle pas là du début à la fin de chaque spécialité. Pour  le chirurgien, il s’agirait du diagnostic à la consultation post-opératoire, pour  l’anesthésiste, il s'agirait de la consultation à la sortie de l’hôpital, etc. Non, non, non!

La majorité des complications ne se passent pas immédiatement dans l’enceinte de l’établissement de santé. Il s’avère donc nécessaire de maintenir le lien avec le patient, lorsque ce-dernier est extra muros. Cette démarche, visant à investiguer et suivre ses émotions en post-opératoire, permet de renforcer le rôle du  médecin généraliste en tant que liant et expert du patient.

“Il est donc nécessaire d’assurer des progrès dans le suivi des résultats postopératoires. Il faut apporter une attention plus grande à la pathogenèse des complications postopératoires courantes et avoir une attention plus ciblée sur la période postopératoire ultérieure (1-4 jours). C’est dans ce laps de temps que le risque de complications est le plus important.” (KEHLET, « Multimodal approach to control postoperative pathophysiology and rehabilitation », 1997, BJA 78 p.606-617)

Koalou souhaite apporter une solution à cette problématique. Donner des informations, rassurer le patient et former les parents restent une approche multimodale à développer. Dans le parcours de soins, et en particulier en situation préopératoire et postopératoire pour un enfant, sujet à stress, la famille a un rôle prépondérant à jouer dans l’identification et le traitement des complications.

La solution proposée permet d'expliquer de manière ludique et pédagogique  le diagnostic en fournissant une information sur la pathologie et apprenant à chacun (parents et enfants) d’évaluer leurs émotions, ressentis. En renforçant le lien et en apportant une information essentielle, en continue, Koualou accompagne familles, patients et structures médicales dans la réduction du stress et par conséquent du stress chirurgical..

L'équipe KOALOU: MED et IH

*BECK cité par GRAZIANI, « Anxiété et troubles anxieux »(2008) Edition Armand Colin, collection 128, Paris,p.28 cité dans M.Formarier, Jovic L., (2012) « Les concepts en sciences infirmières 2ème édition », ARSI, Editions Mallet Conseil, St Just la pendue, Pp 328